En 1863, le Père Debrabant entreprit un voyage mémorable en Italie, en direction de Rome pour une audience avec le Saint-Père au Vatican, puis vers Lorette en pèlerinage. La route l'obligea à traverser la redoutable chaîne des Apennins, où il dut « braver les neiges, les montagnes et les dangers » pour se rendre à Notre Dame de Lorette. À son retour, il écrivit aux Sœurs :
« Mes biens chères filles en Jésus et Marie,
Vous avez appris déjà le retour de mon heureux pèlerinage à Rome et à Lorette; mais vous attendez sans doute que je vous en donne avis moi-même,
Et comment pourrai-je ne pas vous donner cette douce satisfaction, lorsque je sais que toutes, vous avez prié et beaucoup prié pendant ce long et lointain pèlerinage. (…)
Pendant le triduum que j'ai passé à Lorette, à la ste demeure de la très Ste Vierge Ste vierge, surtout quand je me prosternais à cette même place où se trouvait quand elle reçut la visite de l'Archange Gabriel, j'ai pensé à vous avec émotion en disant mon Ave Maria.
J'ai eu le bonheur de célébrer deux fois sur cet autel miraculeux qui fut transporté de Nazareth avec la sainte demeure et, chaque fois, vous avez été présentes à mes vœux et offertes à Jésus, à Marie et à Joseph.
Quand votre règle vous parle de Nazareth, souvenez-vous, mes chères enfants, que c'est cette même demeure qu'ont habités Ste Anne et St Joachin, Notre Seigneur, la Ste Vierge et St Joseph. Oui, c'est là qu'a été conçue sans la tache originelle et qu'est née la Très Sainte Vierge ; c'est là qu'était réunie la Sainte Famille et que la Volonté de Dieu était accomplie de la manière la plus parfaite. Oui, c'est dans cette demeure que j'ai prié et célébré la Ste Messe pour vous.
Vous pensiez peut-être, mes chères enfants, que je me serais borné à un séjour dans la Ville Sainte et à une entrevue avec le Souverain Pontife pour les affaires de la Ste Union; mes désirs allaient plus loin. (…)
J'ai senti dans mon cœur de père que mon pèlerinage devait me conduire plus loin et que je devais braver les neiges, les montagnes et les dangers pour me rendre à Notre Dame de Lorette et me consacrer, avec vous toutes, à Jésus et Marie, dans la sainte demeure... (…)
Que la sainte charité règne dans tous vos couvents, entre vous toutes, comme elle régnait dans la Sainte Famille de Nazareth. Oh ! Puissiez-vous bien comprendre la nécessité de cette charité ! C'est avec elle que nous pouvons faire des prodiges dans la sainte mission qui nous a été confiée; mais il faut que l'humilité en soit le fondement ».
Extraits de la Lettre circulaire du Père Debrabant, décembre 1863
Que la sainte charité règne dans tous vos couvents,
entre vous toutes, comme elle régnait dans la Sainte Famille de Nazareth.