Durant le temps sacré du Ramadan, les Sœurs de la communauté de Yokadouma (Sud-Est du Cameroun) ont été chaleureusement accueillies dans les foyers de plusieurs familles musulmanes. Ce que nous avons vécu dépassait la simple visite — c'était un moment d'humanité partagée, marqué par le respect, l'écoute et une rencontre profonde.
Dans la simplicité de la présence, nous avons cherché à vivre notre charisme : nous approcher des autres, en particulier par-delà les différences, et témoigner d'un amour qui unit. Notre présence a été reçue avec chaleur et, parfois, avec une surprise touchante — d'autant plus que nous avions choisi de nous vêtir de tissus-pagnes, un geste humble exprimant notre désir d'être en unité avec le peuple au milieu duquel nous vivons.
Nous nous sommes assises parmi les femmes, partageant leur espace, leurs histoires et leurs réalités quotidiennes. Dans ces moments — empreints de conversations douces et de rires spontanés — de vrais liens se sont tissés. Des repas ont été partagés avec générosité, ainsi que des nouvelles, de petits cadeaux et un esprit d'accueil qui a laissé une empreinte profonde dans nos cœurs.
L'un des moments les plus significatifs de la journée fut de nous unir, dans un esprit de respect, aux prières pour la paix et la réconciliation. Bien qu'exprimées de manières différentes, nos intentions se rejoignaient dans l'espérance d'une harmonie au sein de nos communautés et au-delà.
Alors que nous célébrons le bicentenaire de notre fondation, cette expérience nous rappelle doucement notre appel à demeurer ouvertes — attentives aux autres, présentes dans leur vie, et engagées à construire des ponts de compréhension. C'est souvent dans ces rencontres simples et sincères que les graines de la réconciliation germent silencieusement.
Par Michèle Mekam