En 1842, l'archevêque de Cambrai approuve les premières Constitutions de la Sancta Unio, accordant ainsi une reconnaissance ecclésiale officielle à la nouvelle congrégation — née 16 ans plus tôt, en 1826, de la rencontre entre le Père Debrabant et les mères fondatrices.
Aujourd'hui, 18 février 2026 — en ce jour anniversaire de la mort de Jean-Baptiste Debrabant (1801–1880) — nous lançons une nouvelle série consacrée à l'exploration de sa pensée et du charisme de la Sainte-Union à travers ses lettres aux sœurs. Une série pour retourner aux racines : en cette année du bicentenaire de la fondation, pour mieux comprendre le don qu'elle représente pour l'Église et pour l'humanité d'aujourd'hui. Redécouvrir le passé pour lire le présent — et renouveler notre regard vers l'avenir de la mission.
Nous proposons ici un extrait de la lettre circulaire du Père Debrabant, rédigée au moment de la première approbation par l'Église catholique. Ses mots nous montrent comment toute œuvre de Dieu naît au milieu des tribulations. La « maison de Vred » à laquelle il fait référence est la première maison ouverte après la fondation à Douai — également dans la région des Hauts-de-France — qui servira de modèle pour toutes les fondations à venir. C'est le début d'un grand déploiement. En envoyant cette lettre, le Père Jean-Baptiste retrace l'histoire qui l'avait conduit, lui et les sœurs, jusqu'à ce moment.
« Ce fut vers la fin de 1828, dans la paroisse St. Jacques à Douai, qu'au milieu d'une multitude d'obstacles et de difficultés, Dieu daigna favoriser l'entreprise d'une œuvre à laquelle m'entraînait un penchant invincible pour l'éducation et la direction de la jeunesse.
Cette pensée me poursuivait partout, même dans mes fonctions sacerdotales, que je remplissais cependant avec goût, soit dans la paroisse, en qualité de vicaire, soit dans les prisons ou les hôpitaux, en qualité d'aumônier: sans cesse, mon esprit recherchait les moyens d'assurer l'avenir de la jeunesse et de la préserver de la contagion si universellement répandue; je ne voyais que dans une éducation chrétienne et solide l'espoir d'un meilleur avenir pour la religion et la société (…) ».
« Cette maison de Vred qui souffrit pendant bien des années toute espèce de contradictions, fut cependant l'occasion et, pour ainsi dire, le germe de toutes les maisons de l'Institut, car c'est de là que prirent naissance plusieurs nouvelles maisons qui furent établies presque simultanément et tout providentiellement: je dis providentiellement, car ne croyez pas, mes biens chères filles, que les choses marchèrent facilement et sans entraves: aucun secours humain, une désapprobation puissante, de nombreuses contradictions, l'opposition la plus pénible, la censure, le mépris, voilà les pierres fondamentales du saint édifice que vous formez aujourd'hui : mais, bénissons la Providence, ce qui paraissait devoir anéantir l'Institut naissant servit, pour ainsi dire, à le consolider.
C'est alors, en effet, que vous avez commencé à porter un costume uniforme et le nom de Dames de la Sainte Union, avec la belle décoration symbolique qui vous dit que vous n'avez reçu ce nom que pour faire toutes ensemble union de cœur, d'esprit et de sentiments, comme Jésus et Marie, en travaillant à imiter leur union et leurs vertus, surtout l'obéissance, la charité, la retraite et la simplicité : vous comprenez par là, mes biens chères filles, le motif qui m'a fait donner à votre cher Institut ce beau titre de Sainte Union.
C'est encore dans ce même temps que vous avez reçu le règlement de vos exercices et les fondements de vos règles et constitutions, mais sans autre autorité, pour les faire observer, que votre bonne volonté toujours libre ».
Lettre Circulaire en forme de notice historique concernant l’origine, les épreuves et le progrès de la Congrégation de la Sainte Union des Sacres Cœurs - Adressée par le Fondateur à toutes les Religieuses, à l'époque de l'approbation ecclésiastique, 8 Avril 1842
Pour faire toutes ensemble union de cœur, d'esprit et de sentiments, comme Jésus et Marie, en travaillant à imiter leur union et leurs vertus, surtout l'obéissance, la charité, la retraite et la simplicité.